Psychologie et Cinéma

  • Nagisa Oshima, 1960, Contes Cruels de la Jeunesse

    Film, fer de lance de la nouvelle vague japonaise qui s'inscrit dans un climat politique particulier de sortie de l'occupation américaine.
    N. Oshima nous donne à voir une certaine soif de libertés politique et de mouvement (cadrages subtiles). Mais la question du corps et du désir féminin traités ici dérangent.
    L'ambivalence du désir est dite. La revendication de l'instrumentalisation de l'autre et la soumission à cette attente sont magistralement filmés. La question autour de ces différences au sein même du couple pourrait être... jusqu'où?
     

  • Agnès VARDA, 1962, Cléo de 5 à 7

    Film du courant de la nouvelle vague
    Ce film propose magnifiquement de percevoir notamment le passage de la position objective à celle subjective.
    Le thème de la rencontre avec l’autre, de ce qui la précède et de ce qu'elle apporte y est également évoqué.
     
  • François TRUFFAUT, 1964, La peau Douce

    Film entre le suspens hitchcockien et le mouvement de la nouvelle vague.
    Il nous donne à voir et nous fait éprouver une multitude de regards: le regard solitaire, furtif, amoureux, inquisiteur, foudroyant.
    Le regard et l'objet du regard sont les moteurs du film.
    Mais que voyons-nous quand nous regardons? Le regard est-il rencontre? reconnaissance? attention?
    La question du désir masculin et féminin se pose également comme celle de leur entente. Est-elle possible?

    avec le concours de l'ARTPSY Lyon-Séminaire Cinéma
     

  • E. Mouret, 2020, Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait.

    Film romanesque où les acteurs nous invitent à travers leurs dialogues marivaudiens notamment, à explorer les liens amoureux. Quelle place pour le fantasme dans l'amour? Qu'est ce que le concret de la réalité permet dans l'amour? C'est à travers ces deux sphères que les personnages naviguent et nous offrent un moment touchant et digne.

  • Il revient quand Bertrand ? 2016, 2020, web série, saisons 1 et 2 d’Hélène Lombard et Julien Sibony avec Bertrand Usclat, Louise Coldefy et Vincent Debost

    Série retraçant les stratégies d'un homme et d'une femme blessés par l'éloignement du partenaire, un essai de maîtrise de ce quelque chose que l'on perd. On y voit le touchant et la grâce, mais aussi les dérives et l'illusion d'un contrôle souhaité de l'autre. Cela rappelle immanquablement certaines expériences liées aux réseaux sociaux. Marivaux dès 1730 avait exploré ces thématiques de travestissement, de voyeurisme et de quiproquos dans le jeu de l'amour et du hasard. Remis au goût du jour par le réalisateur Guillaume Cremonese, cette série comédie 2.0 voie 3.0 fait réfléchir à soi, à l'autre, à la rencontre, au dialogue et à l'intime.
     
  • Colin Nutley, 2019, Une si belle famille

    Le réalisateur suédois réussit une série douce-amère à l’humour grinçant. "L'histoire est centrée autour deux maisons, une église, une salle de réception et quatre femmes, explique le réalisateur. Mais si le cadre est simple et classique, les personnages, eux, ne le sont pas. Une si belle famille s'apparente à une 'comédie des erreurs', un peu à l'image de ce que sont nos propres vies." Concentrée sur une année et mise en scène dans les intérieurs lumineux et musicaux de deux cellules familiales assez distinctes, l’intrigue perce à jour les secrets, les trahisons et les non-dits que le temps laisse s’installer en leur sein. C'est aussi l'histoire d'une femme dans la tourmente d'une maternité contrariée et autour d'évènements qui pourraient tant diviser que réunir.
     

  • Asghar Farhadi, 2018, Everybody Knows

    Drame tout en couleur et en émotions tenaces.
    Ce film du réalisateur iranien Asghar Farhadi (Une séparation) raconte les liens familiaux, intergénérationnels, quand le non dit s'en mêle.
    De l'innommable à l'indicible puis à l'irreprésentable, l'impact délétère du non dit se vit dans ce film.
     

  • Benoit Jacquot, 2018, Eva

    Thriller psychologique inspiré du roman de James Hadley Chase (1945).
    Outre la complexité potentiel de l'être humain, le film Eva nous donne à voir quelque chose de la jouissance dans l'horreur de l'emprise et de la dépendance psychologique.
    La thématique est moins grinçante que dans Elle, mais le point commun de cette jouissance humaine particulière dans l'horreur, se perçoit.
     
  • Nicolas Silhol, 2017, Corporate

    Synopsis (Télérama)
    Brillante responsable des ressources humaines dans un groupe agroalimentaire, Emilie Tesson-Hansen n'a pas d'état d'âme. Dalmat, un cadre d'une quarantaine d'années, veut la rencontrer mais la jeune femme ne cesse de repousser le rendez-vous. Il finit par se suicider dans l'enceinte de l'entreprise. Emilie est tout de suite pointée du doigt. L'inspectrice du travail l'a dans sa ligne de mire. Ses supérieurs ne sont pas plus tendres, notamment Stéphane, le directeur des ressources humaines. Alors qu'elle tente de s'éviter la prison, elle donne des informations à l'inspectrice sur les méthodes de la société....
  • Otero M, 2013, A ciel ouvert

    Otero M, Bremond M, 2013, A ciel ouvert, entretiens. Le Courtil, l'invention au quotidien, Paris, Buddy Movies.
    Une institution à la frontière belge parle de la prise en soin d'enfants en grande difficulté psychique. La liaison autour de chaque sujet patient est admirable et efficace.
     
  • Darren Aronofsky, 2010, Black Swan

    Film américain avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis, Barbara Hersey, Winona Ryder et Sarah Lane (doublure).
    Comment être au monde, comment faire avec ce dont nous héritons pour se séparer et devenir un être autonome et vivant? Les personnages du film nous font poser ces questions fondamentales dans la vie de tout être humain. Le jeu des acteurs et la mise en scène nous font vivre les choses avec intensité: joie, extase, déception, dégoût, effroi.
     
  • David FINCHER, 1999, Fight Club

    Ce film nous propose, dans un dechainement de passions et une explosion de couleurs, en plus d'une certaine critique de la société contemporaine, une perception plutôt subtile de différentes instances psychiques d'un même sujet. Certains y voient plus précisément une fine métaphore du passage adolescent (Dupont, Sébastien, Jocelyn Lachance, et Serge Lesourd.Le film Fight Club : une allégorie du passage adolescent dans la société contemporaine », Connexions, vol. 87, no. 1, 2007, pp. 151-161).